Princesse des mille et une nuit, as-tu trouvé ton prince et ton paradis, est-ce que tes plus beaux atouts, l'ont empêché de partager son amour? Tu étais la plus belle dans son harem, mais aux autres aussi il disait "je t'aime", tu avais beau l'aimer plus fort, il ne voulait que ton corps. Quand il te disait des mots doux, tu te pendais à son cou, tu espérais être la seule et unique, en offrant ton corps impudique.
Il te couvrait de cadeaux, tous de plus en plus beaux, peut-être pour se faire pardonner, de vouloir les autres expérimenter. Parfois elle pleurait dans le noir, elle aurait voulu s'enfuir le soir, mais le vent du désert l'en dissuadait, lui rappelant le souffle de celui qu'elle aimait. Il était prince mais pas charmant, elle n'était sa princesse que par moment, elle aurait voulu lui donner sa vie, pour qu'il ait enfin compris. Il ne voyait pas qu'elle était celle, lui était à l'intérieur la plus belle, ne voyant que sa beauté fatale, et son superbe visage d'opale. Un jour on ne trouva plus la princesse, on la chercha mais avec paresse, elle était bien peu de choses en vérité, juste une simple femme qu'on oubliait d'aimer.
Le lendemain le prince reçut un paquet, bien étrange et bien enveloppé, il faillit s'évanouir en l'ouvrant, à l'intérieur, un c½ur battant. Il y avait un mot à l'intérieur, qui disait "je t'offre mon c½ur, puisque tu n'as pas su me donner le tien, c'est le seul moyen d'oublier mon chagrin". Le prince compris trop tard son erreur, et sur son visage coulait des pleurs, il savait qu'il était trop tard pour qu'elle revienne, trop tard pour lui dire "je t'aime".
Alors il ferma son palais et partit dans le désert, pendant des jours, marchant sans but, le c½ur amer, la vie est si fragile mais on ne le sait, que lorsqu'on perd les gens qu'on aimait. Il réfléchissait perdu dans ses pensées, n'ayant pas vu la nuit tomber, il se retrouva aux abords d'une oasis, et se reposa sous un palmier avec délices. Une ombre apparut près de lui, lui tendant une gourde remplie, c'était une femme encapuchonnée, il l'observa à la dérobée. Elle lui demanda ce qu'il faisait là, et vidant son c½ur, il lui raconta, qu'il croyait que prendre du plaisir, ne pouvait pas faire souffrir. La femme lui demanda alors, si parmi tous ces corps, il n'avait pas vu aussi le c½ur, d'une femme souvent en pleurs. Il lui avoua que pour une seulement, il éprouvait des sentiments, mais qu'il avait gardé le mystère, pour continuer à se satisfaire. Il regrettait tant aujourd'hui, de ne lui avoir jamais dit, qu'il l'aimait aussi, il avait perdu son paradis. S'il avait pu revenir en arrière, il aurait su l'aimer à sa manière, sa voix était secouée de sanglots, et ses larmes coulaient à flots.
La femme lui dit tout bas, "vous sauriez lui dire tout ça? Si elle était vivante aujourd'hui, vous l'auriez elle seule choisie?" "Oui répondit le prince en larmes, je voudrais racheter mon âme, faire de ma princesse triste, une Reine qui me donnerait un fils". "Alors Prince, si vous êtes sincère, ouvrez les yeux et laissez-moi faire". Elle lui prit la main avec délicatesse, et la posa sur son ventre avec tendresse. Une étrange sensation le fit frissonner, le contact de cette main baguée, ce n'était pas possible, il rêvait, est-ce que c'était... Il vit soudain son visage à découvert, par un rayon de lune qui l'éclaire, elle, sa princesse, vivante, près de lui, une autre chance lui avait souri. Il comprit qu'elle avait usé de ce stratagème, pour qu'il réfléchisse et comprenne, que l'amour qu'on a dans son c½ur, il faut l'offrir sans jamais avoir peur.
Il su aussi à l'instant où il posa sa main, que près d'elle était son nouveau destin, qu'un petit être était déjà là, et qu'il l'aimait déjà. Comme dans les contes de fée de notre enfance, la princesse triste avait de nouveau confiance, elle était dans le c½ur du Prince, la seule Reine, à qui il dirait uniquement "je t'aime"...